Partie 1-3 du 24 février 2017

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Partie 1-3 du 24 février 2017

Message par Admin le Sam 25 Fév - 8:52

Dans la fébrilité du départ, peut-être Baka a-t-elle mis un peu trop d’empressement dans le rituel matinal ? L’Esprit de la Rivière Noire semble plus que sourd à leurs prières. Aussi, après mises en garde des Anciens et encouragements de leurs proches, les membres de la tribu cachent mal leur inquiétude, tandis que, sous les regards, le groupe prend le chemin de la forêt.

Mouillés par une pluie fine et drue, les visages sont concentrés, les paroles rares. Avec autorité et une pointe de dédain, Kaadi prend la tête de l’expédition. Bientôt, le groupe atteint les premiers bosquets de bouleaux alors que la pente se fait sentir. Les pas succèdent au pas et la fatigue gagne peu à peu. Un premier déjeuner entame les faibles provisions.

Avec l’altitude, les mélèzes et les pins sylvestres aux frondaisons imposantes offrent une meilleure protection contre la pluie. Quelques heures de marche plus tard, une chasse au renard s’engage, avant que ne tombe la nuit ; une seule proie sera débusquée et abattue par Nüg, leur prodiguant un repas maigre mais bienvenu. Pendant ce temps, au campement, les talents de Ouch ont permis de bâtir un abri confortable et d’allumer un grand feu, qui entretient l’optimisme. Loin de chez eux, dans le tapis d’aiguilles de cette forêt de montagnes, les membres du groupe organisent leur première nuit, sous l'œil intéressé de Kaadi.



Au petit matin, la pluie a cessé. Le feu, entretenu par les veilleurs successifs, a tenu à l’écart les loups, dont les hurlements se faisaient entendre au lointain. Les traits de chacun sont plus reposés et les langues s’agitent, qui relatent les rêves étranges de la nuit.

La route se poursuit. Tandis que les troncs s’éclaircissent, un paysage de montagne dénudée s’offre aux yeux des marcheurs. Le vent soutenu y rend la progression pénible. Alors que deux chemins s’offrent à eux, Kaadi, appuyée par Chüu, insiste pour emprunter celui de droite. La suite montrera qu’il s’agissait d’un détour.



Bien que les corps soient rompus par la marche et le vent incessant, trouver une pitance est nécessaire. Dédaignant les traces d’un troupeau de bouquetins, le groupe s’entend pour suivre celles d’un sanglier isolé. Après un moment de traque, ils l’aperçoivent enfin à l’abri d’un rocher. Il est convenu que Baka le contourne et le rabatte vers le groupe déployé. Mais la manœuvre se révèle ardue. La bête, imprévisible, charge l’agile jeune femme et la blesse. Le reste du groupe se rue vers l’animal, tandis que Baka s’en éloigne prestement. Chüu, le premier, attire son attention, alors que les frondes font pleuvoir des projectiles peu efficaces. Et Ouch charge. La massue enchantée par Laan s’abat violemment sur le crâne de la bête, juste avant que Kaddi, de son épieu, ne porte le dernier coup. Ce sanglier était encore jeune, mais sa chair n’en sera que plus savoureuse. Le feu, difficile à faire naître sous le vent, se résout à prendre et permet de cuire en quantité la viande savamment prélevée, puis de la boucaner en prévision des jours à venir. Nüg rend grâce à la bien lointaine Rivière Noire : le ventre plein et des provisions en nombre, l’avenir s’annonce sous de meilleurs auspices.



Un temps assez long aura néanmoins été nécessaire et la troupe reprend sa marche à une heure déjà avancée. Le vent a redoublé. Les contreforts rocheux, bien visibles, demeurent encore lointains lorsqu’il est temps de songer au bivouac. Forts de l’enseignement de la veille, les tâches sont rapidement réparties selon les talents. Un abri sommairement bâti de branchages prélevés sur les rares buissons et un feu timide parfont leur installation. Kaadi semble regarder le groupe d’un regard neuf, teinté d’estime. Chüu l’a bien remarqué, mais échoue toutefois à engager une réelle conversation. Cette nuit, chacun à tour de rôle contribuera à surveiller les alentours. Et chacune des sentinelles, dans un froid que le vent rend plus mordant encore, discernera distinctement d’inquiétants grondements.

Lorsque le jour point, le vent a encore forcit. Rassemblant leur paquetage, les aventuriers s’apprêtent à endurer une nouvelle journée difficile.

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