Partie 1-6 du 31 mars 2017

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Partie 1-6 du 31 mars 2017

Message par Admin le Ven 7 Avr - 23:18

Baka entame un étrange voyage. Elle perçoit une vision, faite d’images au contours flous, dénuée de son, mais accompagnée de cette mélodie à la flûte, l’instrument utilisé par Bimeh.

Le vol de Baka :
Le noir se déchire brutalement. La lumière jaillit jusqu’à devenir aveuglante. Tu sens ton Esprit léger, qui flotte, qui monte lentement, indépendamment de ta volonté. La lumière se fait progressivement moins violente quand tu parviens à orienter ton regard dos à la lumière, pour découvrir avec curiosité ton propre corps, meurtri.
Tu continues à t’élever.


Le regard absorbé par les traces de l’Ours Brun, le groupe progresse. Seul Ouch a refusé de se peindre le visage, tel que le leur avait demandé les Anciens. Chüu ouvre la marche. La saison du sommeil n’a pas encore commencé : les Ours ne sont pas encore endormis. Peut-être trouveront-ils les restes de l’un d’entre eux au fond d’une grotte ?
Kaadi s’est rapprochée de Aïgo, qui ferme la marche. Elle paraît avoir besoin de s’épancher loin des oreilles de Chüu. L’avis de Aïgo semble importer à Kaadi et leur conversation dure quelques instants.

Le vol de Baka :
Tu flottes au-dessus de ton corps, dans la caverne, à l’intérieur du campement des Roches Acérées. Chacun vaque à ses occupations et personne ne semble prêter attention à ta présence.
Tu vois un enfant de la tribu de quatre ans, près de l’endroit où ton groupe a dormi ; l’enfant a trouvé quelque chose de petite taille et joue avec, accroupi.
Un temps passe.
Tu vois l’enfant tendre sa main pour montrer une baie bleue à Tavarra ; celle-ci lui confisque, d’un air soucieux, et avec empressement, lui lave les mains avec du sable et de l’eau.
Tu continues à t’élever.

L’équipée parvient à l’entrée d’une grotte qui abrite très probablement des ours durant la saison froide. L’intérieur paraît bien sombre. Un feu est allumé et des branchages préparés pour fournir un éclairage qui ne sera que de courte durée. Ce faisant, on a tout loisir de relever des traces d’animaux de taille assez modeste aux abords de l’entrée.

Le vol de Baka :
Tu flottes plus haut, au-dessus du campement des Roches Acérées.
Tu vois Tavarra jeter de grandes brassées herbes et des fleurs séchées dans un récipient sur le feu ; avec un ustensile, elle tourne la mixture en remuant les lèvres.
Un temps passe.
Tu vois Tavarra étaler un cataplasme fumant sur le front d’Édrou, inconscient.
Un temps passe.
Tu vois Tavarra, un bol à la main, s’approcher de ton corps.
Tu continues à t’élever.


Chacun surmonte son appréhension et s’avance vaillamment à l’intérieur. Les murs sont suintants d’humidité. Ce semble être une bien grande caverne ! A peine quelques pas franchis, deux directions s’offrent à eux. Le groupe se sépare : Kaadi et Chüu à droite, Aïgo, Nüg et Ouch (encore grièvement blessé), à gauche.

Le vol de Baka :
Tu es largement au-dessus du campement des Roches Acérées.
De très loin, tu vois encore ton enveloppe charnelle ; ton bras droit semble avoir pris une couleur sombre ; sur le côté, Tavarra est accroupie au-dessus tes affaires
Un temps passe.
A présent, Tavarra se tient près du feu et en contemple la fumée, qui semble légèrement bleutée.
Tu continues à t’élever


Les deux groupes, qui avancent séparément, faiblement éclairés, se perdent rapidement de vue. Chüu et Kaadi progressent dans un passage rectiligne. Quelques chauves-souris s’envolent bruyamment. De l’autre côté, Nüg a pris la tête et doit, pour continuer, se faufiler dans un boyau étroit.

Le vol de Baka :
Tu montes de plus en plus. Les individus du campement des Roches Acérées sont à présent trop lointains pour être reconnus. Ton regard se tourne vers la montagne. Un peu plus loin, tu reconnais l’arbre des Ancêtres et le promontoire duquel tu as chuté.
Un temps passe.
Tu discernes tes amis dans la montagne. Sans cesser de t’élever, tu te rapproches d’eux, jusqu’à parvenir à leur verticale. Ils semblent s’activer à faire du feu. Tu distingues également, au loin, un Lion qui les observe à leur insu. Tu cherches à les avertir, mais aucun son ne franchit tes lèvres. Ils pénètrent dans une grotte.
Tu continues curieusement à les distinguer faiblement, à travers les épaisseurs de roche. Dans ce lieu obscur, tu te sens presque en mesure de les soutenir, de leur venir en aide.


Nüg s’immobilise brutalement : deux paires d’yeux brillent dans le noir devant eux ! Il s’engage  délibérément dans le boyau, seul face au danger. Les yeux s’animent et des formes surgissent : une première Hyène, au pelage sombre tacheté de noir, l’attaque sauvagement. Se débattant comme il peut, Nüg ne peut échapper à une violente morsure. Au moment de riposter, une image fugace traverse son esprit : celle de Baka, leur amie. Troublé, il ne parvient pas à frapper la Hyène. Derrière lui, ses compagnons s’activent comme ils peuvent : Aïgo, porteuse du feu, l’agite en poussant de grands cris ; Ouch, saisissant une pierre, la lance vigoureusement sur l’animal en invoquant la Rivière Noire. Mais la Hyène résiste. Encouragée par son congénère, elle mord à nouveau Nüg, qui faiblit dangereusement. Les cris et les coups se déchaînent. Chüu et Kaadi perçoivent le bruit du combat et rebroussent prestement chemin. Quelques instants plus tard, ils surgissent, armes en main et découvrent la situation : les Hyènes ont reculé sous l’assaut, dans une grotte plus vaste. Elles sont au nombre de trois et l’une est blessée. Elles grondent et hésitent, face au groupe réuni. Ouch, qui porte à présent la lumière, s’élance le premier et frappe. Ce faisant, la torche s’éteint et le groupe aurait été plongé dans le noir sans la seconde lumière, apportée à l’instant par Chüu. Chacun se précipite. L’une des hyènes s’écroule sous un coupe de couteau terrible de Chüu. Frappées de toutes parts, ses congénères battent en retraite par un autre passage. Étrangement, une légère musique de flûte flotte dans la grotte.



Le calme revient, malgré les cris d’extrême agitation de Chüu : excité par le combat, il s’empare triomphalement de la carcasse de l’animal mort et l’emporte résolument vers la lumière extérieure. Ses compagnons examinent la caverne où a eu lieu l’affrontement et découvrent avec satisfaction d’anciennes bauges à ours contenant des ossements. Nüg, Ouch et Aïgo prélèvent chacun un crâne.



Revenus dehors, les amis constatent que Chüu a éviscéré la hyène morte pour en extraire le foie, dont il se repaît avec un avidité teintée d’inquiétude. Le soir commence à tomber.

Le vol de Baka :
Ton déplacement vers le haut se poursuit, toujours malgré toi.
Tes compagnons se font de plus en plus petits et difficiles à distinguer. D’ailleurs, est-ce bien eux ? Il te semble plutôt reconnaître les silhouettes d’animaux : un Ours, un Loup, un Merle, une Loutre et un Bouquetin. L’Ours marche en tête ; c’est un grand Ours Rouge. La Loutre, le Loup et le Bouquetin avancent côte à côte. Le Merle, en retrait, les suit péniblement, mais finit par se changer en Renard et les rattrape.
Un temps passe.
Là-haut le calme règne. Sans réellement la ressentir, tu devines qu’une brise fraîche t’enveloppe. Elle se change bientôt en une bise froide, qui t’emporte, seule dans le silence, tandis que le soleil décline sur l’horizon.
Tu continues à t’élever.


Malgré la nuit tombante, le groupe retrouve sans encombre le chemin du campement et la lumière du foyer, visible au loin. Alors que la fatigue commence à les gagner, les compagnons distinguent les veilleurs, qui annoncent leur retour.

Le vol de Baka :
Tu continues à t’élever, loin au-dessus des nuages ; le soleil est presque couché à l’horizon.
Un temps passe.
Alors que tu tournes le dos au soleil couchant, tu distingues un vol de Cygnes, qui vient vers toi. L’un d’entre eux monte à ta rencontre. Tu te dis que les Cygnes ne volent pas si haut d’ordinaire. Il se rapproche. Il décrit à présent de vastes cercles autour de toi. Tu l’observes, comme lui semble t’observer.
Un temps passe. Le Cygne a disparu.
Soudain, tu distingues, lointaine et ténue, la perception de ton corps, qui bat faiblement. Une voix douce te parvient : « Baka, souhaites-tu redescendre là-bas ? Veux-tu rejoindre ton corps douloureux ? »
Ton ascension semble s’être suspendue.


L’Esprit de Baka semble hésiter, puis formule son choix.
Ouch ressent une étrange solennité flotter dans l’air. Ignorant de quoi il s’agit, il invoque l’Esprit de la Rivière Noire avec la dernière énergie.

Le vol de Baka :
Au loin, tu distingues brièvement un visage, celui de Édrou. Puis brutalement, avec effroi, tu sens que tu commences à chuter, comme du haut de l’Arbre des Ancêtres. Tu tombes, de plus en plus vite. Tu vas t’écraser !
Un temps passe.
Ton Esprit semble à nouveau dans ton corps. Sens par sens, tu en reprends possession. Tu sens que tu reposes allongée sur une peau épaisse, et pourtant le froid de la pierre diffuse dans ton dos. Un feu à tes côtés éclaire ton visage, et pourtant tu frissonnes. Ton bras, ton bras droit, irradie de douleur au point de t’assourdir. Tu te concentres pour faire refluer la souffrance. Tes oreilles s’ouvrent peu à peu. Tu perçois les notes d’une mélodie de flûte.
Tu ouvres les yeux. La musique cesse.
Tu reposes dans la grotte des RA.
Tu tournes difficilement la tête. Un autre corps repose à tes côté. C’est celui d’Édrou.


Bimeh émet soudain une exclamation : « Édrou a ouvert les yeux ! Édrou et Baka ont ouvert les yeux ! ». Et tandis que les compagnons arrivent, la nouvelle se répand avec joie dans tout le clan, qui se rassemble autour des deux miraculés.

Une fois les effusions passées, Baka, toujours très faible, s’enquiert de la santé de Nüg, tandis que Ouch s’inquiète de celle d’Édrou. Le groupe offre au clan deux des crânes d’ours – Nüg gardera le sien – ainsi que la dépouille de la Hyène. Le dîner partagé, l’habituelle cérémonie à Oronak se conclue par la consécration d’un crâne d’ours, en prévision de la cérémonie du lendemain. Puis Tavarra apporte de nouveaux soins à Baka, sous l’œil intéressé de Nüg.
Les compagnons, malgré leur grande fatigue, tiennent à converser encore avec les membres du clan. Faudagg semble avoir remarquer les inquiétudes de Ouch pour son frère. Chüu pose, sans grand succès, de surprenantes questions à Tavarra concernant Tygra et ses sœurs. La Voie des Ancêtres reste également bien silencieuse aux interrogations de Baka concernant des baies bleues. Quant à Aïgo, son entrevue avec N’qénik s’avère instructive : alors qu’elle lui montre le collier de bois que lui avait offert Laan à son initiation, N’qénik lui apprend qu’il s’agit d’un autre fétiche, fabriqué sans nul doute par Okomë il y a de nombreuses années, susceptible d’appeler sur son porteur la protection de la Renarde. De son côté, Kaadi s’entretient longuement à l’écart avec la Voix des Ancêtres.
Épuisés, les compagnons finissent par aller se coucher. Si la plupart profitent d’un bon repos, la nuit est à nouveau agitée pour Nüg et Chüu.

Cauchemar commun de Chüu et Nüg :
Dans un paysage désolé, austère et familier, un cadavre est étendu au sol. Comme tu cherches à l’identifier, tu te rapproches et constates que son visage, ensanglanté, est horriblement défiguré, méconnaissable. Tu as un violent mouvement de recul. Tu distingues alors, tout autour, une infinité de Hyènes, au museau rougeâtre, qui s’approchent. Tu projettes de crier et faire de grands gestes, pour les faire fuir, mais le cri s’étouffe dans ta gorge et tu restes paralysé. Les Hyènes s’approchent, inexorablement. Tu jettes un nouveau regard éperdu à l’homme étendu. A y bien regarder, sa corpulence et ses vêtements sont voisins des tiens. Son visage, même, aurait pu être le tien. Il porte le collier aux dents de lion autour du cou.
Tu te réveilles en sueurs.


Au matin, le silence règne. Dès leur retour des ablutions rituelles à la Rivière Noire, les amis prennent place parmi la procession solennelle du clan à la Caverne des Sépultures. La marche, lente et cadencée par les psalmodies de Tavarra, aboutit devant une grotte à l’entré étroite. La plupart des membres du clan s’agenouille en arc de cercle, tandis que Faudagg prépare un feu. Bientôt équipés de torches, Tavarra, Hartwë, N’qénik, Tygra et Léti s’apprêtent à pénétrer dans la grotte. A leur grande surprise, les camarades entendent la Voix des Ancêtres inviter Aïgo, et elle seule, à les suivre. Celle-ci, étonnée et inquiète, leur emboîte le pas. Rapidement, le petit groupe franchit l’entrée et disparaît le long d’un tronc d’arbre disposé en échelle sommaire pour descendre dans les profondeurs.



Ce n’est qu’après une longue attente, que tous voient enfin reparaître la délégation partie sous terre. A leur sortie, Tavarra prononce d’une voix forte un dernier discours à la mémoire d’Okomë.

« Okomë, retourne dans le ventre de la terre ! Pars y rejoindre le Grand Ours pendant la saison du sommeil ! Il avalera ton Esprit et le guidera dans les profondeurs, vers les terres de chasse de l’autre monde. La tribu qui te pleure, garde avec elle ton crâne précieux, aux côtés de ceux des Ancêtres, pour que ton chant berce le Géant Oronak et que ton Esprit trouve le chemin de son rêve. »


Sur le chemin du retour, les compagnons ne manquent pas d’interroger Aïgo sur cette péripétie souterraine. Celle-ci leur relate la lente progression dans les salles obscures successives, à la lueur de la torche portée par Tavarra, toujours psalmodiant. De curieux échos bourdonnaient tandis que leur chemin s’enfonçait davantage. Une fois rendus dans la salle choisie, la Voix des Ancêtres a indiqué un emplacement dans le sol argileux. Tygra et Leti y ont creusé une cavité, puis déposé les ossements de leur père.



Alors, Tavarra s’est tournée vers Aïgo et lui a remis le collier au dents de Lion. Sans trop montrer son hésitation, Aïgo a posé le fétiche parmi les ossements, sous les yeux approbateurs des autres. A cet instant précis, elle ressentit un soulagement, comme un poids ôté de sa poitrine. Il s’avère, en en parlant, que Baka, Chüu, Nüg et Ouch, ont éprouvé une sensation similaire, au même instant. Puis Hartwë, à son tour, a déposé le crane d’ours. Enfin, le trou a été comblé et recouvert de dalles, puis ils sont revenus sur leur pas.

Tout en marchant vers le campement, Ouch formule la question qui leur brûle les lèvres : pourquoi Aïgo a-t-elle été désignée pour les accompagner ? Mais faute d’obtenir une réponse satisfaisante, Ouch se renfrogne et se mure dans une intense réflexion.

Une fois rentrés, Tavarra fait à nouveau bénéficier Baka, mais aussi Ouch et Nüg de ses talents de guérisseuse. On partage le déjeuner avec une nouvelle jovialité.

Un peu plus tard, les amis réunis à l’écart sont rejoint par Tavarra, Hartwë et Faudagg. Ce dernier prend la parole pour les remercier des actes accomplis ces derniers jours. Avec un regard appuyé à Ouch, il ajoute une proposition. Avant de rejoindre enfin leur clan, ne leur plairait-il pas de leur prêter main forte pour la dernière chasse aux bisons de la saison, à une demi-journée d’ici ? Quelques chasseurs supplémentaires constitueraient un renfort non négligeable et chacun pourrait bien sûr emporter sa part. La réponse de Ouch ne se fait pas attendre : « Que la fête commence ! ». Les compagnons se regardent : tous ont saisi l’allusion à la chasse funeste, d’il y a plus de vingt saisons...

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