Partie 1-8 du 27 avril 2017

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Partie 1-8 du 27 avril 2017

Message par Admin le Sam 6 Mai - 19:06

La nuit et une bonne partie de la matinée ont été employées à la découpe des carcasses. Aussi, les compagnons sont exténués – certains plus que d’autres – et n’aspirent qu’à prélever quelques morceaux de viande pour un repas mérité. Malheureusement, on leur fait savoir que la tradition du clan impose un moment de purification après la chasse, sans manger de viande. Bimeh circule parmi les chasseurs pour distribuer quelques fruits et de l’eau.

C’est le ventre presque vide, chargé, blessé, épuisé et toujours coupé de la Rivière Noire que le groupe reprend donc le chemin du campement. Bimeh est soucieuse pour Faudagg, son époux blessé au bras, et partage son inquiétude avec Edrou, le frère de ce dernier. Hartwë, lui, se montre d’un grand soutien pour tous les blessés, avec un empressement plus marqué envers Ohoun. Le jeune homme piétiné par un Bison est heureusement capable de marcher grâce aux soins reçus, mais souffre grandement de sa blessure au torse. Derrière, Kaadi traîne sa jambe blessée et Ouch avance en se tenant le ventre. Tout deux mettent néanmoins un point d’honneur à marcher par eux-mêmes, tête haute, autant que possible.

Aïgo, comme de coutume, s’est rapprochée de Ouch, à l’arrière du cortège.
Nüg prend conscience que ses doigts sont douloureux : à y regarder de plus près, ses deux mains sont curieusement rouges et enflées.

Tout à coup, la voix de Aïgo retentit, se répercute sur les rochers : « OUUUCH !!! »
Chacun se précipite, même Baka.
Aïgo est en larmes, à côté d’un Ouch allongé sans connaissance. Nüg examine son ami : il respire et son corps ne semble pas plus meurtri qu’après le combat. Sa faiblesse est surprenante et rien ne parvient à le réveiller : il faudra le porter.

Sitôt arrivés au campement, les quatre blessés sont allongés dans un coin calme, aux bons soins de Tavarra assistée de Hartwë. Tandis que Baka s’écarte pour manger quelques fruits et se reposer, Aïgo demeure au chevet de Ouch, rejointe par Nüg et Chüu. Ce dernier s’enquiert auprès de la Voix des Ancêtres de la gravité de l’état de leur ami. Pourrait-ce être une vengeance de l’Esprit du Bison, suite à la profanation de Ouch ? D’un signe, Tavarra entraîne Chüu à l’écart.

Loin des oreilles de Hartwë, la Sage se fait rassurante : la Puissance du Bison était un don, précieux, que Ouch avait reçu. Il a fait le choix de s’en séparer et devra l’assumer le reste de son existence. Mais, selon elle, il n’y a pas là motif à y laisser la vie. Regardant en direction des blessés, elle poursuit après un silence. Ouch n’est pas le premier à transgresser l’interdit totémique. Hartwë, lui aussi, a renié un Esprit animal, il y a maintenant neuf années. L’un de ses fils, Kaan, avait dix ans lorsqu’il mourut sous l’attaque perfide d’un Lynx isolé. Hartwë, rempli de colère, se lança sur les traces du félin, le traqua des jours durant et lui donna la mort, se coupant dissociant ainsi de l’Esprit du Lynx qui l’animait. Suite à cet événement, Hartwë abandonna les fonctions de Chef de Chasse à Faudagg, délaissant ses propres talents de chasseur. Il était ravagé et resta l’ombre de lui même durant plusieurs saisons. Mais, contrairement à Ouch, il avait perdu un fils.

Chüu, pensif, rejoint ses amis pour les tranquilliser : Tavarra ne s’inquiète pas pour la vie de Ouch. Il ne leur en dira pas davantage, mais les certitudes de la Sage les rassurent. Nüg s’en sollicite la Voix des Ancêtres à propos de ses rougeurs douloureuse. « Nüg a-t-il offensé les Esprits avec ses mains ? » La question perturbe Nüg, qui ne pense pas avoir fait quoi que ce soit de cet ordre-là. « Ce n’est donc probablement rien et du repos est nécessaire », répond Tavarra. Tous ont d’ailleurs besoin de reprendre des forces et vont s’allonger en suivant les conseils de la Sage. Celle-ci se penche alors à l’oreille du petit Janou. Puis elle le gronde gentiment à haute voix : lui aussi devrait déjà dormir.

La nuit s’écoule. Seul le crépitement des flammes ponctue le silence.

Réveillée avant les autres, au petit matin, le premier regard de Aïgo est vers l’endroit où reposent les blessés. Ouch semble être revenu à lui ! Hartwë a pris la place de Aïgo à ses côtés et ils conversent tous les deux. Aïgo s'apprête à se joindre à eux, quand Ouch, avec un effort dissimulé derrière la fierté qui le caractérise, se lève, ainsi que Hartwë. Les deux hommes se prennent par le bras et, sans savoir vraiment qui des deux s'appuie sur l'autre, se dirigent lentement à l'écart. Aïgo préfère les laisser seuls.

Des éclats de voix réveillent les autres : Aïgo et Ouch s’entretiennent à l’écart. Ouch est réveillé ! Tous se dirigent prestement vers le frère et la sœur, dont le différend semble terminé : Aïgo est à nouveau blottie dans les bras de Ouch. Comme le groupe se réunit avec des effusions, Ouch lance un regard appuyé à Baka : il est plus que temps de reprendre la route vers leur tribu.

Tandis que Nüg constate et montre avec soulagement que ses mains ne sont plus douloureuses et ont repris leur couleur habituelle, Baka surprend un mouvement en direction de son couchage : le petit Janou semble fouiller dans ses affaires ! Elle se précipite et l’attrape. Que cherche-t-il et pourquoi ? Le garçonnet ne lui tient pas tête longtemps : c’est Tavarra qui l’a envoyé à la recherche des baies bleues. D’un pas décidé, Baka s’en va trouver la Voix des Ancêtres. De quel droit veut-elle encore la priver de ce que sa mère lui a légué ? Tavarra avoue et s’engage à ne plus tenter de lui prendre, à la condition que Aïgo ne les sorte plus jamais de sa bourse dans le campement. Satisfaite, Baka rejoint les autres. A son retour, Aïgo s’enquiert de la santé de Baka, qui a l’air épuisée. Celle-ci relate son mauvais rêve, qu’elle ne s’explique pas. Aïgo profite de ce moment pour se faire le messager de Ouch : il regrette les paroles qu’il a proféré la veille et que Baka, c’est vrai, a si mal prises. Les tensions pourront-elles s’apaiser ? Après que les deux femmes ont terminé leur conversation, Chüu s’approche de Aïgo. Lui aussi a remarqué l’air fatigué de Baka. Mais sa préoccupation concerne plutôt Kaadi : Aïgo sait-elle pourquoi la belle semble ainsi le battre froid ? Aïgo ne s’étend pas beaucoup, mais encourage son ami à se rapprocher à nouveau de la jeune femme, qui respecte beaucoup Chüu, lui dit-elle.

Puis Aïgo rassemble le groupe. Nüg le premier aborde le sujet de la saison froide à venir. Il envisage de la passer aux des Roches Acérées, où il a grand espoir de parfaire encore son savoir de Sorcier. Ouch prononce alors calmement, d’une voix pleine de fermeté : « Notre place est à la Rivière Noire. » Chacun se regarde, sans oser le contredire. Baka envisage déjà la difficulté du trajet, chargés qu’ils seront d’une importante quantité de viande. Aïgo fond en larmes. Ouch se dirige vers sa sœur et l’enlace. Les larmes d’Aïgo n’ont pas ému que lui. Tous se donnent la main et un cercle se forme. Devant ses cinq camarades, Ouch prend la parole et fait part de ses regrets quant à son comportement des derniers jours, qu’il sait avoir été incompréhensible et douloureux. Il s’excuse auprès de chacun. Tous en conviennent, il importe de se retrouver unis avant de repartir, certes changés par cette aventure, mais ensemble.

Fort de cette réconciliation, le groupe fait une nouvelle tentative de prière à la Rivière Noire. Hélas, c’est une catastrophe ! Baka, en particulier – encore elle – semble avoir courroucé l’Esprit tutélaire du clan. Attristés, on se disperse dans le campement.

Chüu décide de suivre les conseils de Aïgo et cherche discrètement Kaadi. Elle est occupée à nettoyer ses affaires dans un bassin. Chüu s’approche. La jeune femme cache mal son trouble. Chüu remarque également combien sa blessure à la jambe la fait souffrir et l’interroge à ce sujet. Avec franchise, Kaadi confesse sa douleur et son inquiétude : Tavarra lui a laissé entendre qu’elle risquait de boiter sa vie durant. Tout en l’aidant, Chüu s’excuse de ne pas l’avoir suffisamment protégée durant la chasse. « Chüu a fait ce qui devait l’être », répond Kaadi, visiblement touchée. Ne sachant trop, ni l’un ni l’autre, quelle attitude adopter, ils observent l’eau couler, assis côte à côte. Chüu se laisse aller à fermer les yeux, en écoutant Kaddi fredonner.

Un deuxième tête à tête se joue, à l’autre extrémité du campement : Ouch et Baka ont engagé la conversation. Des paroles neutre sont échangées sur les blessures de l’un et de l’autre. Manifestement, Baka lui en veut encore. Mais elle le gratifie néanmoins d’un ambigu « Ouch est un grand chasseur ». Dans l’incertitude, Ouch bombe le torse.

Ces conversations privées laissent à Nüg l’occasion de sonder Aïgo : peut-être envisage-t-elle, comme Nüg, de rester aux Roches Acérées durant les lunes froides ? Le sujet est sensible pour la jeune femme, qui reste longtemps silencieuse avant de livrer une réponse : « Aïgo ira avec Ouch ».

L’appel du dîner fait cesser les conversations. Les estomacs attendaient avec impatience le terme de cette journée de diète purificatrice. Tavarra conduit la cérémonie rituelle et rend grâce au Géant Oronak pour le produit de la chasse et l’implore d’accorder sa clémence aux blessés.

Avant de festoyer, Faudagg prononce quelques mots en l’honneur des chasseurs : « Cette chasse restera célèbre dans les mémoires. Ouch… ainsi que Chüu, Kaadi, Nüg, Aïgo et Baka se sont comportés avec vaillance et grand cœur. Ils ont fait honneur à leur tribu et seront toujours les bienvenus. Vous êtes nos invités aussi longtemps que vous le souhaitez, même si la saison du grand froid sera là bientôt. Et lorsque vous repartirez vers la RN, avec la viande qui vous revient, une délégation du clan souhaite pouvoir vous accompagner. » Ouch, le premier, répond d’un retentissant « Oui ! », dont l’empressement vexe quelque peu Baka.

Fort de cet assentiment, Tavarra organise, durant le dîner, la composition de la délégation qui les accompagnera. Elle-même ira à la Rivière Noire, ainsi que son frère et leurs enfants. Se joindront à eux le Chef de chasse et les deux aînées d’Okomë. Enfin Edrou, qui restera, aura la charge d’assurer la défense du camp, tandis que Bimeh et Léti garderont les enfants. Le groupe s’interroge sur ces liens de parentés insoupçonnés et Ouch les éclaire : Tavarra et Hartwë sont frères et sœurs. Quant à leurs enfants, il doit s’agir de N’qénik, Ohoun pour Hartwë et de Néouk pour Tavarra. Certains comportements se font plus compréhensibles.

Cette délégation laisse entrevoir de fructueux échanges entre les clans – et résout le problème du transport de la viande. Quant à Chüu, il envisage déjà d’aider la marche de Kaadi en la soutenant sur le chemin. Le départ est convenu pour le lendemain.

La nuit est reposante. Au matin, les voyageurs terminent leurs préparatifs. Tavarra dispense les derniers soins avant la route. Le bras de Faudagg semble en bonne voie de guérison, mais elle se montre moins optimiste pour les autres blessés : tant pour la jambe de Kaadi que le torse de Ohoun ou le ventre de Ouch, des complications sont à craindre. Le voyage n’en demeure pas moins possible, mais il faudra se garder de charger trop les blessés.

Le groupe des quatorze s’engage dans la montagne. Les paquets sont volumineux, emplis de la viande et de nombreux présents. On transporte même le crâne nettoyé du grand Bison tué par Ouch. Les jeunes Tygra et Léti, qui gloussent parmi tous ces garçons, sont aussi mises à contribution. Guidée par les Anciens du clan, la file des voyageurs emprunte un chemin sûr et plus rapide. Le trajet descendant est accompli en trois jours seulement, sous un ciel, déjà froid, mais sec et ensoleillé.



Le campement est en vue. Après quatorze jours d’absence, après les efforts accomplis, après plusieurs combats, les compagnons vont enfin retrouver les leurs !

On aperçoit le groupe, on les reconnaît, on se réjouit de leur retour ! Puis on s’inquiète de leur santé. Sôoun se précipite vers Chüu et Nüg : Laoki est vivant ! Il y a huit jours, sa fièvre est subitement tombée et il a repris connaissance, avant de s’endormir d’un sommeil paisible. Depuis, il a recouvré ses forces, mais reste convalescent. Son caractère mélancolique et irascible ne semble en revanche pas s’être amélioré.



Les membres du clan ne cachent pas leur surprise et leur incompréhension à la vue de la délégation. Celle-ci se tient respectueusement en retrait, en attendant l’invitation formelle. U-Kté, avec une méfiance manifeste, prononce néanmoins les mots attendus : « Que la tribu des Roches Acérées approche et s’installe auprès de notre feu pour se délasser de leur voyage ». La tension retombe.

Les hommes et les femmes des Roches Acérées pénètrent dans le campement. Suivant à leur tour la coutume, ils déposent l’un après l’autre leurs présents aux pieds des Sages : des peaux assouplies, des vêtements raffinés incrustés de pierres et garnis de pendeloques, des parures en os, … Ces cadeaux somptueux et la finesse de cet artisanat émerveillent leurs hôtes. Puis, une grande quantité de viande – l’exacte moitié du produit de la chasse – est à son tour déposée. Faudagg précise à voix haute qu’il ne s’agit là pas d’un présent, mais de la part revenant au clan suite à une chasse commune. On se laisse à espérer un terme possible à la mésentente entre les clans. Qui plus est, cette viande est la bienvenue en cette période de l’année, alors que les chasseurs se font si peu nombreux à la Rivière Noire. Enfin, Faudagg dépose l’énorme crâne de Bison qui attirait les regards : « c’est Ouch qui l’a tué », précise-t-il, faisant naître des murmures élogieux. Le déjeuner peut commencer.

Devant cette grande assemblée, U-Kté invite le groupe à faire le récit de son périple. Kaadi prend la parole et relate les péripétie depuis leur départ, avec une grande honnêteté, mettant en valeur les mérites de chacun : le trajet éprouvant, la nouvelle rencontre du Lion, l’arrivée aux Roches Acérées, la révélation sur le collier et la décision des Sages de laisser le groupe réparer le geste de Laoki, l’Arbre des Ancêtres avec la chute de Baka et l’ascension de Kaadi, le crâne d’ours, la Caverne des Sépultures, et l’enterrement d’Okomë, pour finir par la fameuse chasse au Bisons. Les membres des Roches Acérées attestent au fur et à mesure de la véracité des propos. Dès le début, Laoki s’est éclipsé sous des regards lourds. Au sujet du Lion, U-Kté reconnaît un « Animal Vengeur », une forme de malédiction, ce que confirmera Tavarra. Lorsque le méfait de Laoki est présenté, un silence navré accompagne les révélations. Et quand vient enfin la narration de la chasse, le rôle de Ouch, conté avec force détails, suscite toutes les approbations. Ce récit restera dans les mémoires du clan.

U-Kté reprend la parole une fois le repas terminé et invite la délégation des Roches Acérées à s’octroyer de leur côté un moment de repos, avant les échanges à venir. Ceux-ci comprennent et s’écartent. Le clan de la Rivière Noire est enfin seul et tous laissent libre cours au soulagement, à la joie des retrouvailles. On leur témoigne également une évidente reconnaissance, car les relations avec les Roches Acérées semblent s’engager sous les meilleurs hospices.

Des changements s’annoncent. Pour commencer les Sages proclament que les membres du groupe sont élevés au rang de Chasseurs. Leur aventure a montré qu’ils étaient aptes à affronter le grand gibier. Ils sont donc aussi dignes aussi d’être instruits des techniques de chasse du clan.

La Voix des Ancêtres, une fois le calme revenu, s’adresse à tous : « Ouch s’est tout particulièrement distingué durant cette chasse. Il convient de lui donner un nom qui en attestera toute sa vie durant. » Des murmures s’élèvent. Ariki lance un « Ouch le Fier ? », qui semble plaire. La voix grave de Tohumo se fait entendre : « Ouch, le Tueur de Bisons » Un malaise s’ensuit. Baka intervient : « Ouch le Bison ? », puis Nüg : « Ouch l’Intrépide ? ». Twë, à son tour, fait une autre proposition : « Ouch le Dur ? ». Des regards s’échangent. U-Kté s’enquiert d’autres idées à soumettre au choix de Ouch. Jaillit alors la voix de Aïgo : « Ouch l’Indomptable ! ». Le chasseur sourit et acquiesce. U-Kté valide ce choix : on l’appellera ainsi désormais : « Ouch l’Indomptable ».

Puis, après un regard à Ariki, U-Kté fait signe à Baka de venir au centre de l’assemblée. « Approche, Baka, il est plus que temps que nous parlions de toi. Regardez-la, tous : voyez le courage dont elle a fait preuve et la blessure qu’elle endure. Alors voilà – certains du clan le savent déjà : Baka est la fille que Bosu, notre frère à tous, a eu d’une femme-longue. » Des murmures s’élèvent. La Voix des Ancêtres reprend avec fermeté : « Vous tous, qui avez entendu le récit conté aujourd’hui, et pour ceux qui en douteraient encore, sachez que Baka est membre à part entière de la tribu de la Rivière Noire. Et il est désormais interdit de prétendre le contraire. » Baka est fière. Elle jette un coup d’œil à Ouch, qui lui répond d’un sourire bienveillant, sous l’œil humide de Aïgo.

Enfin, les Sages invitent les six membres du groupe à choisir chacun un présent parmi les cadeaux déposés par la délégation des Roches Acérées. Manifestement, le prestige des compagnons au sein du clan a fait un bond considérable. U-Kté le confirme : chacun d’eux a acquis un mérite suffisant pour être choisi comme compagne ou compagnon de vie. Mieux, Kaadi et Ouch seront même autorisés à faire des demandes en mariage.

Tandis que les membres du clan se dispersent dans la joie d’une journée bénie, la Voix des Ancêtres fait signe aux six héros de ne pas suivre les autres mais de se joindre aux Sages : les échanges ne semblent pas terminés.

On les invite alors à pénétrer dans le Grotte de Sages. Une certaine fierté, teintée d’appréhension, les envahit à cet insigne honneur. En plus des six membres de l’expédition, s’y retrouvent donc U-Kté, Twë, Tohumo, Ariki, ainsi que Namir. Interrompant les regards noirs que celui-ci lance à Chüu, la Voix des Ancêtres demande au Chef de chasse d’aller chercher Laoki et Sôoun. Quelques instants plus tard, l’ancien Chef de chasse apparaît, le regard fuyant, suivi de son épouse.

Le procès s’ouvre pour lequel trois fautes sont reprochées à Laoki : avoir entretenu des relations avec un clan frappé d’interdiction, avoir commis un sacrilège qui a courroucé les Esprits et failli coûter plusieurs vies et, enfin, avoir entaché l’honneur de la tribu. Tous les yeux se tournent Que Laoki, qui reste coi devant les accusations. Quelqu’un prendra-t-il sa défense ? Portés par leurs sentiments filiaux, Chüu puis Nüg se lancent dans un plaidoyer. Les attaches de Laoki et d’Okomë sont notoirement antérieures à la brouille et n’ont jamais nuit au clan. Au contraire, Laoki en tirait un évident réconfort depuis sa blessure. D’autre part, peut-être la mainmise sur le collier était-elle convenue avec Okomë ? Laoki reste dramatiquement muet. Enfin, l’honneur de la tribu a été lavé par les actes récents, qui sont d’ailleurs à l’origine de la possible réconciliation. Les Sages échanges des regards lourds. U-Kté leur demande de se prononcer. Malgré les arguments avancés, Twë considère Laoki coupable. Tohumo, plus vindicatif encore exige son bannissement et le raille : « Il pourra aller aux Roches Acérées, s’ils veulent encore de lui ! ». La vieille Ariki, seule, prétend que les Esprits sont désormais apaisés et que le temps du pardon est venu. La décision est suspendue aux lèvres de U-Kté, lorsque celle-ci étonne en laissant à leur tour la parole aux compagnons. Nüg et Chüu confirment leur position. Aïgo également appelle au pardon. Mais Kaadi, les lèvres pincées, affirme la culpabilité de Laoki sous le regard ahuri de Chüu. Et Baka, également. Pour finir, Ouch, appelle à éviter un jugement hâtif et à ne pas accabler Laoki. On compte quatre voix contre Laoki et cinq pour. Quel sera le verdict de la Voix des Ancêtres ?

Un moment passe, puis U-Kté reprend la parole avec gravité. Laoki n’a manifesté aucun repentir. Il a de plus failli compromettre définitivement la réconciliation des tribus. Néanmoins, grâce à l’action du groupe, les Esprits comme les Sages de l’autre clan semblent avoir accordé leur pardon. Aussi, si rien ne sera oublié, Laoki ne sera-t-il pas banni. La Voix des Ancêtres a parlé. Des effusions et des embrassades succèdent à la décision. Sôoun ne tarit pas de remerciements, tandis que son mari paraît singulièrement indifférent. Tous deux se retirent.

Les yeux se tournent à présent vers Chüu. Lui aussi est accusé, car Kaadi, blessée durant l’expédition, était sous sa responsabilité. Tohumo et Namir, père et frère de la belle réclament une sanction exemplaire, puisque Chüu avait insisté pour que Kaadi fasse partie du voyage ! Est-il vrai que, selon Tavarra, la blessure de Kaadi pourrait la laisser boiteuse ? Elle confirme. Et quel fut le comportement de Chüu durant la chasse ? Kaadi marque un silence et répète à nouveau : « Chüu a fait ce qui devait être fait. » Les protestations fusent. Chüu tient à s’expliquer. Kaadi sait combattre. Chüu était près d’elle, en embuscade, mais ce sont neuf Bisons dont on parle ! Combattre séparément était indispensable. Il ne s’agit pas de négligence, mais d’une situation dictée par l’urgence et la portée symbolique de cette chasse. Aïgo demande à intervenir. Le comportement de Chüu a permis à Kaadi de démontrer son honneur, comme celui de tout le clan de la Rivière Noire. Les derniers propos donnent à  réfléchir.

A nouveau, la Voix des Ancêtres respecte un instant de silence avant de rendre la justice. « U-Kté considére que Chüu a manqué à sa parole et le fera savoir au clan. Si Kaadi devait boiter encore après trois lunes, Kaadi fixera elle-même le prix dont Chüu devra s’acquitter devant tous.» Namir et Tohumo font savoir leur mécontentement et regardent Chüu avec animosité.

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