Partie 2-4 du 26 août 2017

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Partie 2-4 du 26 août 2017

Message par Admin le Mer 30 Aoû - 15:05

Si j'étais...
Je suis une petite colline, un "talus" diraient certains, située à une poignée de pas du campement d'hiver du clan de la Rivière noire.
Je donne à ce paysage de roches, à la végétation rare, une douceur inattendue – je suis d'ailleurs persuadée que c'est en grande partie du fait de ma présence que les membres du clan ont décidé de s'installer à proximité.
J'aime les sentir, ces drôles d'animaux, vivre près de moi. Circuler durant le jour, les hommes à la recherche de gibier, les femmes et les enfants à la recherche d'insectes et de baies. Quand la nuit vient, leurs chants étranges caressent l'herbe qui me recouvre tel un vent bienveillant d'été...
J'aime particulièrement, lorsque les lunes froides ont recouvert d'une fourrure de neige la terre dont je suis faite et les roches qui m'entourent (ainsi que la rivière, dont le cœur bat toujours au plus profond de moi), sentir le pas léger et joyeux de la petite Aïgo – suivi par celui, inévitable et farouche, de son frère Ouch.
J'aime la jeunesse de ce clan courageux, et me désole chaque année quand je constate que mes hautes herbes, vertes, grasses et fourmillantes de vie, ne parviennent pas à les retenir : l'interminable saison des lunes chaudes commence alors pour moi, et je reste mornement tapie dans l'attente du moment où, de nouveau, je verrai s'élever les flammes vives d'un feu sous les doigts habiles d'un membre de ma tribu.

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Re: Partie 2-4 du 26 août 2017

Message par Admin le Mer 30 Aoû - 15:07

Résumé objectif

- Un léger courant d’air, l’envol d’une nichée de chauves-souris… Une sortie !



- Le groupe remonte la pente à la faible flamme d’une mauvaise torche lorsque… Ouch pose le pied dans un tas d’excréments. Simultanément, un grondement sourd se réverbère longuement contre les parois, glaçant les compagnons.
- La progression se fait prudente, hésitante même. Tous se serrent autour de Nüg, qui tient la torche. Chüu a identifié les laissées comme celles d’un Ours. Mais en ces Lunes, la présence d’un Ours dans une caverne semble très inhabituelle.
- Sur une idée de Ouch, déjà maculé, le groupe se badigeonne de déjections, afin de tromper l’animal.
- On avance à nouveau, on longe les parois, sonde les recoins, s’assurant de chaque anfractuosité. A chaque pas l’on craint que la faible lueur ne dévoile la bête ou, pire, que celle-ci ne jaillisse elle-même de l’obscurité, prenant le groupe au dépourvu. Car on l’entend distinctement désormais. Elle gronde, grogne, trépigne. Elle, a parfaitement localisé la troupe, et sa présence ne semble pas pour lui plaire.
- On tergiverse, on prie, on hausse le ton – on crie même – et puis on lance une pierre à l’aveuglette.
- Excédée de cette hésitation, Baka se porte en avant. Nüg et Ouch tentent de la retenir, mais elle se faufile. Elle perçoit enfin de la lumière, se précipite… et passe à deux pas de la bête. « L’Ours est ici ! »
- Kaadi veut s’avancer, mais Chüu l’en empêche, ce qui participe à la confusion générale. Ouch, qui, lui, s’est approché, cherche à attirer l’attention de l’animal, mais ce dernier occupe le passage, bloquant désormais la sortie. Nüg continue à prier.
- La torche éclaire à présent toute la scène. L’Ours rouge des cavernes, dressé sur ses pattes antérieures, les domine de toute sa hauteur. Les jambes des chasseurs flagellent. Et Chüu distingue que l’animal, à la démarche hésitante, est blessé à la patte postérieure gauche.



- Tandis que Kaadi joint ses prières à celles de Nüg, la flûte de Aïgo résonne tout à coup et s’élève en une mélodie enchanteresse, assurément guidée par les Esprits. L’Ours s’apaise immédiatement, se laisse retomber sur ses quatre pattes, puis s’assied. Du sang séché sur la fourrure laisse effectivement deviner une blessure ayant abondamment coulé. Un corps étranger semble s’y trouver encore, qui gêne l’animal.
- Chüu en profite de ce répit pour se faufiler vers l’extérieur. Danek, en retrait, demeure sur le qui-vive, l’épieu levé, alors que Baka tente, à distance, de trouver les mots pour le rassurer.
- Aïgo, mise en confiance, range sa flûte, entonne un chant de prière, et avance vers l’Ours, mains ouvertes. Elle approche, approche, jusqu’à s’assoir sous sa gueule. Seulement, elle est excessivement blessée et le moindre geste un peu vif de l’animal pourrait lui être fatal. Ouch, par amour fraternel, surmonte sa crainte au prix d’un remarquable effort de volonté : il approche de la bête terrible, presque à la toucher, et s’assied aux côtés de sa sœur dont il prend la main.
- Combien de temps le charme opérera-t-il ? Kaadi, émerveillée, refuse de sortir. Nüg ne veut pas être en reste. Il lui confie la torche et se glisse vers l’animal tout en considérant sa blessure. Ce qui semble être un morceau de bois en dépasse suffisamment pour espérer le saisir. Lui aussi est à présent tout prêt. Il fait un signe de tête à Aïgo et Ouch et, sans quitter la bête des yeux, tend la main lentement.
- D’un coup sec, Nüg arrache le morceau de bois ! La réaction de l’Ours est bien trop rapide : un grognement s’élève et une énorme patte s’abat sur le jeune homme. Heureusement pour lui, l’Ours se détourne pour rejoindre un coin plus sombre, libérant ainsi le passage.
- Nüg est inanimé. Ouch et Aïgo le tirent précipitamment vers la sortie, tandis que Chüu leur crie de ramasser ce que Nüg a arraché de la patte de l’animal. Kaadi puis Danek les rejoignent. On soulève le rideau de branchage qui couvre la sortie, laissant enfin entrer une chaude lumière d’un soleil rasant. Est-ce le soir ou le matin ? Le temps passé sous terre est bien difficile à évaluer.
- L’état de Nüg nécessite du repos mais ne paraît pas inquiétant. Quant à l’objet récupéré, il s’avère être l’extrémité cassée d’un épieu ou d’une pique, sur laquelle est ligaturée une pointe de pierre noire. Dans un tapage inattendu, l’Ours se précipite tout à coup à l’extérieur en bousculant le groupe, heureusement sans mal. La grotte est à nouveau vide et offre un parfait lieu de repos.
- C’est alors que Danek, regardant dehors à son tour, se fige de surprise sur le seuil. Il revient en arrière, affolé, en bredouillant pour lui-même : « Fichit Nag ! konung Danek ! Fichit nag… ». Tant bien que mal, la jeune femme traduit à ses amis, tandis que Danek fait les cent pas dans la grotte. D’après les paroles de Danek et quelques souvenirs de Baka, il s’agirait des « Terres Interdites », qu’il est défendu de fouler. Seule l’épreuve du rite de passage vers l’âge adulte autorise la présence en ces lieux.
- Après un moment, Danek revient. Il semble avoir pris une décision difficile. Avec gravité, il déclare à Baka : « He naa ting hii… Solan dag n hii Kundalo Baka ». Baka soupèse ces mots avec circonspection. Elle fait signe à Danek qu’elle a bien compris. Se tournant vers ses compagnons, elle leur annonce qu’elle doit sortir, seule : le temps de son initiation est venu.
- Mais Danek la retient. Lui qui semblait pourtant si pressé de parvenir à destination l’incite à prendre du repos. On installe donc le bivouac à l’entrée de la grotte. On mange et l’on se repose, chauffés par la douce lumière rasante. Nüg se réveille. Quelques heures plus tard, chacun a repris des forces. Chose étrange, la lumière extérieure semble n’avoir pas changé.
- Baka franchit le seuil. Danek la suivra, mais de loin. Il a consenti que le groupe fasse de même. Depuis l’accès à la grotte, on domine la verdure des bosquets environnants. On se délecte, enfin, du chant des oiseaux, du bruissement des insectes.





- Ouch essuie une larme : trop de luminosité, probablement. Tandis que Nüg écoute le bruit du vent, Aïgo hume l’humidité boisée. Chüu, lui, a soif. Danek adresse à Baka ce qui semble être une dernière consigne, ou bien une mise en garde.
- Baka frissonne malgré la douceur de l’air. La jeune femme, à qui son couteau ébréché semble bien dérisoire, se fait bien volontiers prêter par Ouch l’une de ses lourdes haches. L’arme sur l’épaule, elle avance seule, d’un air résolu.
- La nature semble paisible. Baka aperçoit un Ecureuil croquant une graine. Un peu plus loin, c’est un Renard, qui se prélasse au soleil. Derrière elle, depuis le surplomb, le groupe est sous le charme. Baka poursuit sa descente, concentrée. Certaines essences lui sont inconnues. Dans le sous-bois, elle distingue une harde de Cerfs, de Biches et de Faons, qui s’éloignent nonchalamment à son approche.















- Baka s’engage dans les futaies. Soudain, la végétation voisine bruisse, s’agite. L’un des buissons se met à enfler, à grandir comme sortant de terre. Les branches se déplient et laissent apparaître les deux yeux bleus d’une créature végétale à forme vaguement humaine et au corps tortueux comme des ronces.



- Baka est prise de cours. Plus agile qu’elle n’y paraît, la créature fond sur elle et tente de la lacérer. Baka reprend ses esprits, évite les coups, brandit la hache. D’un coup puissant où s’exprime toute sa détermination, elle frappe de haut en bas. L’étrange plante recule, entaillée par la lame tranchante, se recroqueville, mais attaque nouveau. Déséquilibrée, Baka ne peut détourner les coups : des épines crochues s’enfoncent dans sa peau. La jeune femme titube, manque de s’écrouler et jette ses dernières forces pour abattre son arme. Alors, la créature vacille et s’écroule sur elle-même.
- Baka reste interdite, stupéfaite de ce qu’elle a accompli. Mais était-ce cela l’épreuve ? Danek se précipite : « uxer ? Baka uxer ? » Baka a-t-elle été piquée ? Hébétée, la jeune femme ne répond pas. L’étranger se détourne pour s’accroupir. D’un geste sûr, il cueille deux baies bleues à l’emplacement des yeux et prélève de nombreuses feuilles. Les compagnons de Baka accourent. Sous leurs yeux, la masse végétale inerte flétrit, se racornit ; les feuilles puis les branches s’émiettent, tombent en poussière. Danek, qui serre contre lui une brassée de feuilles intactes, les exhortent à se replier à l’intérieur de la caverne.
- « Valu, Kundalo Valu !» : le Voyage, le Voyage initiatique ! Baka écoute Danek déverser un flot d’explications, qu’elle démêle péniblement. Il est question de voyage, de symbole, d’épreuve – encore, d’avenir et de cadeau.
- Danek s’assied autour du feu et fait signe à la jeune femme d’en faire autant, puis se tourne vers le reste du groupe. Après un temps d’hésitation, chacun prend également place. Alors, l’étranger émiette les feuilles humides dans les flammes en récitant des psalmodies gutturales. Une fumée opaque se répand progressivement. Elle rampe le long du sol puis monte le long des parois, progresse, envahit l’air jusqu’au plafond. Les perceptions vacillent, les corps s’allègent. Le Voyage commence.

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